Élément(erre): Thiémoko Claude Diarra

18 Mars - 17 Avril 2026 Bruxelles
Présentation

Né à Bruxelles en 1974, Thiemoko Claude Diarra a vécu dix années à Bamako. Fils d’un sculpteur bambara et d’une infirmière belge, il se situe au croisement de deux héritages : celui de l’art sacré et symbolique de ses ancêtres africains et celui de la rationalité médicale et scientifique, hérité de sa mère. Cette double filiation traverse son œuvre qui interroge les frontières entre visible et invisible, mémoire rituelle et image contemporaine, forme et effacement.

 

Diarra développe une pratique qu’il qualifie d’”infigurée” : un état de l’image où la figuration est volontairement altérée. Ces images, il ne les détourne pas, il les désenveloppe pour révéler une charge symbolique latente. Sa palette graphique se compose de formes flottantes - bulles, masses, halos - évoquant à la fois les formes du Boli bambara (masse rituelle entre informe et sacré) et les bulla vanitas des peintures flamandes du XVIème siècle. Sa peinture agit comme un rite de recomposition, une tentative de traduire plastiquement ce qui, dans le monde contemporain, échappe à la perception mais reste agissant. Dans sa démarche picturale il ne reproduit pas le visible, il l’incarne. C’est un lien ininterrompu entre la terre, le corps et l’esprit.

 

Par l’utilisation de pigments de terre naturels, Diarra renoue avec les pratiques ancestrales de l’animisme africain, en particulier celle du Bogolan (qui signifie littéralement « poser la terre sur »). Ces terres naturelles, extraites des Ardennes, de Bourgogne, d’Allemagne, d’Italie, d’Afrique et des Indes, deviennent les médiums d’une transmission, où la matière brute dialogue avec les forces invisibles du sacré.

 

Ses oeuvres ne sont pas de simples surfaces colorées, mais des espaces de réactivation de la mémoire ancestrale.