Beaux-Arts Magazine : Art on paper fait son come-back

Armelle Malvoisin, Beaux Arts Magazine, Septembre 25, 2026

Art on Paper fait son come-back

Absente en 2025, la foire dédiée aux créations sur papier renaît dans la capitale belge pour une 10e édition bienvenue, sous l’impulsion d’une nouvelle direction artistique.

Malgré l’intérêt croissant accordé au dessin comme pratique artistique à part entière depuis des années, le salon Art on Paper n’a pas résisté l’an dernier à une conjoncture difficile, après avoir grandi durant plusieurs éditions sous la houlette de Gilles Parmentier (cofondateur de la foire belge Ceramic Brussels créée en 2024). Un arrêt brutal qui se mue finalement en pause d’un an, puisque la formule est reprise par une nouvelle directrice artistique, Emmanuelle Indekeu, à la tête du programme d’art du club privé bruxellois TheMerode. Cette heureuse renaissance, qui correspond au 10e anniversaire de la foire belge, se présente comme une édition de la résistance.

UNE NOUVELLE SECTION « ÉDITION »

« Nous sommes très heureux qu’Art on Paper reprenne, se réjouit Jean de Malherbe, directeur de l’antenne bruxelloise de la galerie parisienne La Forest Divonne. Nous avons participé à six éditions, avec toujours beaucoup de plaisir et de beaux succès. »

Il présente deux artistes qui mettent le papier vraiment au centre de leur pratique : la Franco-Italienne Valérie Novello qui transforme la feuille en quasi-bas-relief, et la Franco-Vénézuélienne Caribaï à l’inspiration nourrie par une enfance vécue au Japon, bien connue du public bruxellois.

Après avoir ouvert un second espace dans la capitale belge en juin 2025, le Parisien Christophe Person, spécialisé dans les scènes artistiques africaines, intègre tout naturellement ce salon pour « se faire connaître auprès du public belge et présenter des artistes ayant une pratique du dessin ».

Ainsi les visiteurs découvriront les architectures urbaines imaginaires du Sénégalais Mamadou Cissé, les compositions animistes enchantées du Belgo-Malien Thiemoko Claude Diarra et les prouesses graphiques au stylo à bille de Raymond Tsham dont les derniers travaux, également à l’honneur dans l’espace belge de la galerie, nourrissent sa double identité belge et congolaise.

Fasciné par les arts traditionnels, Tsham a fait voyager des statuettes africaines dans l’espace urbain belge, sur la place Rogier, sur la Grand-Place, auprès du Manneken-Pis ou encore à l’Atomium.

À l’occasion de sa renaissance, Art on Paper conserve son architecture, mettant à la fois à l’honneur des plasticiens confirmés, des créateurs émergents représentés par des galeries fondées au cours des cinq dernières années, quelques enseignes promouvant des maîtres anciens jusqu’à la fin du XXe siècle, et une section « Solo » pour découvrir en profondeur le travail d’artistes talentueux, comme le Hollandais conceptuel Pieter Laurens Mol chez Chiquita Room (Barcelone-Bruxelles), la calligraphe japonaise Shinzan Kurihara à la Gallery Kitai (Tokyo) ou encore la Française Amélie Royer dont les compositions sombres symbolisent une jeunesse en mal de vivre.

Encore plus accessible financièrement que le dessin, une nouvelle section « Édition », célébrant l’art du multiple (essentiellement des estampes), vient compléter l’offre artistique « sur papier ».

Armelle Malvoisin

 

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