Cette série a été réalisée en 2013-2014 au Burkina Faso dans le cadre du Prix pour la photographie du musée du quai Branly - Jacques Chirac qui apporte son soutien à la création photographique contemporaine en finançant des résidences photographiques.
Elle a été montrée dans le cadre de l’exposition “Ce qui change, ce qui se transforme, ce qui reste” en 2015-1016 dans la Boîte arts graphiques du musée du quai Branly - Jacques Chirac.
Au Burkina Faso, comme dans de nombreux autres pays d’Afrique, certaines femmes âgées sont accusées d’être des « dévoreuses d’âmes ». Cette condamnation repose sur une croyance selon laquelle ces femmes auraient le pouvoir d’aspirer l’âme d’autrui à travers des pouvoirs magiques ou l’utilisation de gri-gri. Perçues comme dangereuses, elles sont alors rejetées par leur communauté, exclues des villages et réduites à une vie d’isolement.
Derrière cette stigmatisation se cache une réalité sociale brutale : ces femmes, souvent pauvres, sont en fait veuves ou abandonnées par leurs époux qui les délaissent pour des femmes plus jeunes. La croyance en leurs supposés pouvoirs magiques devient alors un prétexte pour les marginaliser davantage dans une société marquée par des inégalités profondes et des tabous persistants.
Alors que nous célébrons la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, la Galerie CHRISTOPHE PERSON invite à réfléchir aux luttes persistantes que doivent encore mener les femmes partout dans le monde.
L'exposition "Dévoreuses d’âmes" à la Galerie CHRISTOPHE PERSON du 6 février au 15 mars, rend hommage à ces femmes marginalisées, perçues à travers le prisme de la suspicion et de la peur. À travers l'objectif de Nyaba Léon Ouedraogo, ce sont des regards emplis de souffrance, mais aussi d’espoir et de résistance qui sont capturés. En nous confrontant à leurs histoires, Nyaba Léon Ouedraogo nous invite à devenir des alliés dans la lutte pour l'égalité et la justice.